samedi 1 août 2026

Lavaredo 2026 : Vengé, mais pas satisfait

Après une première participation chaotique en 2024 (post ici), je revenais au Lavaredo avec l’idée de prendre ma revanche, en passant sous les 18h, voire un peu mieux.

In fine, je termine en 17h50, l’objectif est donc atteint, même si j’ai « galéré » sur la fin, ce qui me frustre quelque peu. A posteriori, et en refaisant l’analyse de ma préparation, cela était prévisible.

Au petit matin, avant d'arriver au Tre Cime

Préparation

La satisfaction de cette préparation aura été d’avoir mêlé intensités et volumes, avec notamment de belles sorties en montagnes. En outre, j’ai eu l’impression de gagner en puissance au fil des semaines, notamment (i) en réussissant à courir dans certaines pentes où je marchais précédemment et (ii) en réalisant un nouveau record en vélo dans la montée du Galibier (lors du Galibier Challenge), en passant sous les 2h10 depuis Saint-Jean de Maurienne.

Néanmoins, avec un positionnement en juin, je n’ai pas pu réaliser une préparation complète comme pour un ultra en août tel que l’UTMB ou Leadville, et après-coup, je pense que c’est ce qui explique ma fin de course compliquée :
  • Pas de semaine de congés en juin pour enchaîner les sorties en montagne et ainsi passer un palier ;
  • Pas de course de préparation en montagne. Idéalement, il aurait fallu réaliser un 60-70 kilomètre deux mois avant, mais cela serait arrivé trop tôt dans l’année. A titre de comparaison, pour l’UTMB en 2022, j’avais couru la Maxi-Race (88 km) et pour Leadville en 2023, je m’étais aligné sur un 70km à Montreux.

Parcours

Le parcours est magnifique, je continue de le recommander vivement. Même s’il n’y a pas le Mont Blanc en arrière-plan, les paysages sont somptueux, et cela m'a donné envie d'y revenir juste pour m’entraîner et profiter.

Toutefois, le parcours du Lavaredo est « vicelard ». Alors que le début est roulant voire très roulant, la seule partie technique arrive au 97ème kilomètre, lorsque la fatigue commence à se faire sentir. J’ai beau y avoir participé deux ans auparavant, j’avais complètement oublié. Sur cette partie, les montées sont plus courtes mais aussi bien plus raides, et les chemins sensiblement moins roulants.


Sur la fin, cramoise


Gestion de la course & Ressenti

Ayant le souvenir d’un début de course en 2024 avec des bouchons dans la première descente, je suis arrivé au départ avec 1 heure d’avance, et ce fut le bon choix pour être bien placé.

Comme souvent, cela part très vite, mais je sais qu’il ne faut pas s’affoler et accepter de se laisser doubler. Au 19ème kilomètre, c’est le premier ravitaillement et je suis pointé à la 351ème place.

Il y a beaucoup de faux plats montants sur ce début de parcours et je suis face à un dilemme : dois-je les courir car les jambes le peuvent, ou dois-je m’économiser pour la suite ? Rétrospectivement, j’ai probablement trop forcé par moment.

La nuit se passe plutôt bien, faisant ma course sans m’occuper des autres et au refuge Auronzo (kilomètre 50) je suis classé 177ème, sans avoir eu l’impression de doubler tant que cela.

Avant le premier lieu d’assistance à Cimabanche (kilomètre 68), il y a un faux plat montant d’environ 5-6 km où j’avais marché en 2024. Je tenais absolument à le courir cette d'année et c’était d’ailleurs un pari avec mon coach. Je me suis tellement chauffé, que j’y suis allé trop fort, et je l’ai payé dans la montée suivante, mais bon, je me suis fait plaisir 😉.

A Cimabanche, ma mère qui me fait l’assistance n’est pas là, et je stresse à l'idée qui lui soit arrivé quelque chose. Je tente de l’appeler mais le réseau ne passe pas. Je perds probablement quelques minutes mais honnêtement ce fût sans conséquence sur le reste de ma course. Finalement, je la croise une centaine de mètre après le ravito.

Mon premier gros coup de bambou va arriver dans la remontée du Val Travenanzes, où j’avais déjà bien souffert en 2024. Il s’agit d’une montée très longue (presque 11 km) où les difficultés se sont acumulées :
  • Ayant probablement trop forcé sur le début de la montée en courant les faux plats montants,j'ai ensuite manqué de force sur la partie finale ;
  • La deuxième partie est en plein soleil, et je suis monté en température.

En arrivant à la deuxième zone d’assistance au col Gallina (kilomètre 98), je prends le temps de m’arrêter quelques instants, espérant me « refaire la cerise ». Sauf que la partie qui suit est technique, mon point faible, et me remet dans le dur. En termes de classement, je suis désormais 113ème, et pour la première fois, j’ai reculé au classement depuis le précédent pointage, et ce n'est pas fini, continuant de reculer jusqu’à la fin de la course ☹.

C’est particulièrement le cas dans la descente finale, où je suis à sec tant au propre qu’au figuré, et me faisant doubler par un grand nombre de coureurs, même s’il s’agit pour la plupart de concurrents du 50 km.

Un Français avec qui j’avais échangé quelques mots dans le Val Travenanzes me reprend et insiste lourdement pour que je termine avec lui. Merci à lui, car sinon j’aurais peut-être été limite pour le sub-18h. Je termine 124ème, ayant reculé de 12 places sur les 25 derniers kilomètres.

A l’arrivée et contrairement à 2024, je reçois une médaille qui esthétiquement est plutôt bof-bof, en plus d'une veste La Sportiva remise avec le dossard.


A l'arrivée


Analyse du résultat

Avec un chrono de 17:50:03, je termine à la 124ème place sur 1.026 finishers / 1.491 partants :
  • Il y a eu près d’un tiers d’abandon. Cela me surprend car cette course me semble plus accessible qu’un UTMB ;
  • Les chronos des meilleurs dans ma catégorie (45-50 ans) sont impressionnants, avec le premier qui termine en 14h32, (21ème au général). Je ne suis que 22ème de ma classe d'âge.

En termes d’indice UTMB :
  • Je côte 627, et c'est une déception, c’est moins qu’à l’UTMB (644) et Leadville (630) ;
  • Pour coter 650, il aurait fallu terminer en 17h13 ;
  • Pour terminer dans les 100 premiers, il faut finir en 17h31 (638 de cotation).

Focus nutrition (reminder pour mes prochains ultras)

Pour la première fois sur ultra, j’étais en 100% liquide, avec l’objectif de tourner à 70 / 80 grammes par heure, avec 50-60 grammes via les gels et purée (2 par heure) et 20 grammes via la boisson d’effort (dosée à 40 grammes par litre).

Concernant les gels et purées :
  • Gels Baouw : mes préférés, aucun écœurement, bien au contraire avec leur base fruitée. Seul bémol, leur poids ;
  • Gels Naak 30g mentholé : validé ;
  • Gels Nduranz 30g « proto » : validé ;
  • Purées Baouw patate douce : cela avait bien fonctionné à l’UTMB en 2022 et je ne les avais pas re-testé depuis. Belle erreur, quelques dégâts gastriques en début de course ;
  • Purée Overstim Butternut : validée.

Concernant la boisson d’effort, j’étais majoritairement en Pyrène et un peu en Overstim. Le gout neutre de Pyrène est vraiment bien, je pense ne prendre que cette boisson sur mon prochain ultra.

Sinon, vu la chaleur annoncée, j’ai opté pour un Camelback plutôt que des flasques. Il y a des inconvénients (pas de contrôle visuel du volume résiduel, oblige à d'enlever son sac pour recharger) mais la plus grande capacité est sécurisante.

Quels enseignements pour la suite ?

Dans mon cas, la récupération d'un ultra est plus aisée lorsque sa durée est inférieure à 24h (cf. Leadville Versus UTMB). Même si j’ai coincé sur la fin, je n’étais pas détruit musculairement (réussissant d’ailleurs à descendre convenablement des escaliers dès le lendemain) et je ne me suis pas retrouvé en sur-fatigue, même si je pense qu’il me faut au moins 3 semaines pour récupérer et repartir sur une nouvelle préparation.